Politique de cohésion 2028-2034 : l’évaluation, un exercice en continu pour une action publique adaptative et efficace.
Réunie mi-février à Bruxelles, la 10ᵉ conférence sur l’évaluation de la politique de cohésion a confirmé des évolutions majeures dans l’approche du suivi et de l’évaluation des programmes européens.
Jacques Carrillo, associé EDATER, en partage les principaux enseignements.
Le suivi et l’évaluation, un exercice qui arrive souvent trop tard.
Parce que l’évaluation en général est perçue comme arrivant souvent trop tard, le suivi, le monitoring et la mobilisation des indicateurs sont essentiels pour rendre compte des programmes et faire en sorte que le travail d’évaluation soit le plus utile possible. Mais l’appropriation par les parties prenantes des effets des opérations soutenues et des retours de terrain doit être un volet intégré dans la gouvernance et doit faire l’objet d’une activité en continu soutenue et non pas uniquement lors d’une révision ou d’un examen à mi-parcours.
Politique structurelle de transformation ou politique adaptative ?
Une politique de cohésion de long terme est-elle en mesure de répondre à des enjeux exacerbés par un contexte de polycrises difficilement prévisibles ? Ne doit-on pas concevoir une politique publique « adaptative » et également rechercher un juste équilibre entre soutien à la robustesse des modèles économiques, sociaux et environnementaux européens et soutien à la performance économique ?
La mesure des effets et leurs méthodologies sont très dépendantes des objectifs visés par les programmes de la politique de cohésion.
Elles sont aussi fonction des contextes locaux et régionaux ou nationaux (forte diversité de situations dans les territoires européens). Ainsi, cela oblige à un travail d’adaptation des outils de collecte des informations utilisés pour « capturer » les effets et impacts tout en respectant le cadre commun qui sera proposé par l’UE.
Pour autant, il est important de dépasser la simple culture du reporting et de développer une culture de travail d’apprentissage en continu.
Cette approche permettra une aide à la décision et nourrira les réflexions en continu.
L’écriture des futurs programmes 2028-2034 est une étape clé des évaluations futures.
Elle doit en effet permettre de déterminer clairement les bien-fondés et objectifs du PNRP et d’intégrer dès le départ un cadre de suivi et d’évaluation multiéchelles efficace.
Pas d’évaluation sans une compréhension des conditions de la mise en œuvre de la politique de cohésion.
L’évaluation, ce n’est pas uniquement mesurer la qualité et l’efficacité d’un programme. C’est aussi voir les conditions dans lesquelles ce programme a pu obtenir et atteindre ses résultats (place et importance des interactions entre tous les acteurs et les parties prenantes dans la mise en œuvre de cette politique, qualité de l’accompagnement des opérateurs économiques et sociaux bénéficiaires, etc.).
Ne pas sous-estimer l’importance de l’ingénierie administrative et technique pour la gestion et le déploiement des PNRP.
Cela vaut autant avant, pendant et qu’après la mise en œuvre du programme, sans oublier la place et le poids que peuvent représenter les différents niveaux de contrôle et d’audit locaux, nationaux ou européens.
L’évaluateur peut jouer différents rôles pendant le travail d’évaluation et d’aide au suivi
Il doit donc couvrir différents métiers et compétences telles que l’analyse, la mesure, l’objectivation de l’expertise, etc. Mais également celles de pédagogue, d’animateur et de médiateur pour faire en sorte que ces résultats soient compris et appropriés par les commanditaires quel que soit leur niveau de responsabilité.
En savoir plus sur la conférence :
https://ec.europa.eu/regional_policy/policy/evaluations/conferences/cohesioneval2026_en